mardi 13 mai 2014

Une fille dans la ville




Ce matin je me suis réveillée avant l'heure. La lumière passe en dessous mon volet. Je ne peux pas le descendre jusqu'en bas, il est cassé. Ma fenêtre est ouverte, hier, il faisait trop chaud dans ma chambre, le chauffage tourne encore, c'est du collectif, je ne peut pas le régler, alors j'ouvre.
Premier petit déjeuner, j'ouvre le micro-onde, il est sale et ne sent pas bon. Pas le temps de nettoyer, tant pis, je mets mon bol de lait à chauffer. Je reviens une fois avoir entendu le « ding », je sors mon bol, ça ne sent toujours pas bon. Je mets mes céréales, le lait est bizarre, je trempe ma cuillère, le lait est caillé. Il est 8h25, tant pis je n'ai plus le temps, je jette mon lait dans les toilettes et je sors de l'appart'.

Je ne suis pas en avance, j'ai l'impression que l’ascenseur met une éternité pour monter. Je me dis que j'ai l'option escalier... mais je sais que je ne descendrais pas les 13 étages avant l'ascenseur alors j'attends. Quand il arrive enfin, je prie pour qu'il ne reste pas bloqué : je n'aime pas les ascenseurs.
En sortant de l'immeuble, les mouettes chantent et tournent dans les airs. Il y a un mélange d'odeurs : pain chaud et pots d’échappements. Je lève la tête et vois une femme regarder les gens se presser dehors. « A quoi elle pense ? » Elle est sûrement entrain de se poser la même question à propos des personnes qu'elle observe... 




La ville s'active, les gens partent au travail, les femmes accompagnent leurs enfants à l'école, une mamie sort son chien, un scooter démarre. Dans l'immeuble d'en face, un homme fume sur son balcon, c'est le gardien. Le boulanger sort ses poubelles, les trois jeunes qui attendaient tranquillement à l’arrêt finissent par monter dans le bus.


Dans un quartier, c'est là que tu rencontres le plus de personnes, et de tous horizons.
Moi, j' observe car c'est ce que je viens de faire pendant 15 semaines, alors j'observe encore et encore...et j'analyse 

***

Je croise toujours quelqu'un dans l'ascenseur ou dans la rue, j'ai toujours un sourire.
J'aperçois l'homme que j'ai déjà vu la veille, et comme hier, dès qu'il me voit, il traverse la route d'un pas pressé. C'est la deuxième fois... je me demande si quelque chose ne va pas chez moi pour qu'il m’évite encore, je ne le quitte pas du regard, il ne marche pas sur les traits blanc par terre... je me dis alors que quelque chose ne va pas chez lui et qu'il n'a pas l'air si méchant. Je passe ma route.

La ville, là ou tu es entouré de mille personnes, l'endroit le plus individualisé sur terre.
Tu ne te sens pas seul... mais tu l'es quand même. Tu as plein de voisins, tu ne connais pas leurs prénoms... Tu sais aussi que tu ne reste pas longtemps dans le quartier alors tu ne fais pas forcément d'efforts pour connaître du monde.

***
Le soir, je rentre à l'appart', pas de coloc, tant pis je m'enferme dans ma chambre, je travaille sur mes dossiers, sauf maintenant. Ma concentration est à son maximum,des sirènes de pompiers retentissent, en bas dans le square, des jeunes font du skateboard.
Par la fenêtre je vois les immeubles voisins, les mouettes sont encore et toujours là. Des insultes retentissent, une bagarre éclate, un cercle se forme autours de deux hommes, un tombe à terre, une personnes s'interpose, bagarre générale, une femme crie au téléphone. L'homme est toujours par terre, les forces de l'ordre arrivent et sont obligés de séparer les gens. Quelques minutes après, un camion de pompier arrive à toute vitesse. L'homme est embarqué à bord, des personnes sont interpellées, les autres se dispersent.


La nuit approche, je ne vois presque plus les touches de mon ordinateur, je n'ai pas de lumière dans ma chambre, je dois arrêter de travailler. Ma fenêtre est ouverte, sur le balcon je ne regarde jamais en bas, c'est trop haut et le sol est flou. Il y a un petit courant d'air, les mouettes jouent avec les vents et frôlent les immeubles.
Petit à petit, les lumières de la ville s'illuminent, la nuit est complète. Dehors on dirait un gâteau d'anniversaire éclairé par des milliers de bougies, quel spectacle magnifique. C'est le moment que je préfère.
De moins en moins de passage de voitures, les gens rentrent chez eux, les commerces ferment, les rideaux se baissent.
Cette ville si active et si pressé la journée se clame d'un coup.

La ville est particulière, je ne passerais pas ma vie dans ce milieu mais il y a plein de choses à observer. En voici une partie.






Merci d'avoir pris le temps de me lire.



Pauline.